Biarritz, 14 février 2022 : Il aura fallu attendre 2 ans, nous y voilà. On se retrouve avec plaisir, des points de repère qui rassurent, cette belle salle qui donne sur l’océan, elle plairait à mon Clint Denouel, les tables où l’on peut écarter les bras sans toucher son voisin, ces grands tableaux d’affichage avec des teneurs de tableau à l’ancienne. L’impression de retrouver le monde d’avant. 

Thierry Bayle avec son costume basque et son accent délicieux au chipiron n’est plus là pour donner le top départ, c’est Jacques Lachkar qui le remplace.

Ave Lachkar, scrabbli morituri te salutant !

Jacques, il a une allure débonnaire comme cela, mais je trouve qu’il a tout de l’empereur romain. Je l’imagine bien avec une toge et des sandales lacées, une couronne de lauriers, mangeant du raisin avant d’aller aux thermes, riant et soudain, on ne sait pas pourquoi, au lieu de lever le pouce de contentement, nous regarderait et paf ! pouce en bas !

Les scrabbleurs qui vont mourir, te saluent.

Jacques en empereur, nous en gladiateurs, esclaves de ce jeu. 

Mince, j’ai échappé au virus, à ses variants, ce serait trop bête de mourir pour une histoire de pouce baissé.

Je vais faire tout comme il va dire, empereur Jakus.

Jacques a dit « on va bientôt commencer » je me prépare.

On attend cinq petites minutes car 2 joueuses se sont perdues dans Biarritz. Elles arrivent toutes essoufflées, emmitouflées dans leurs parkas et écharpes car aujourd’hui, même les dieux semblent en colère, il pleut comme Zeus qui pisse.

Jakus a dit « Dès qu’elles sont nues, on commence »

Les dames ont enlevé leurs vêtements, on a commencé.

On joue les paires. Des amis, des couples, des amants, des gens de la même famille attendent ces parties avec joie. C’est un moment où l’on compte sur l’autre, où l’on n’est pas seul à supporter la charge mentale d’une partie, voire son fardeau. Si les choses se passent mal, on pourra toujours carrément faire peser la responsabilité sur son équipier.

J’ai une méthode simple avec mon double chauve :

Si on joue bien, c’est grâce à moi.

Si on joue mal, c’est à cause de lui.

Simple.

Les dialogues lors des paires sont des anti-Audiard, des basiques :

T’as quoi ?

Ça fait combien ?

Yes.

Super.

Ça, c’est quand les choses se passent bien. Pouce en l’air.

Quand les choses se passent mal... :

T’as quoi ?

Rien.

J’ai rien non plus.

Merde.

Cherche !

T’es sûr de ce mot ? T’es sûr que t’es sûr ? T’es sûr à combien de % ?levavasseur stephane

Pourquoi tu m’as fait jouer ce mot ?

Pourquoi tu n’as pas insisté pour que je le joue ?

Pourquoi tu n’as pas insisté pour que je ne le joue pas ?

MORTAISA en nonuple, morts sur le coup.

Pouce en bas.

Sur nos tables, on a eu des douceurs sympas de chez Pariès. Tout est vite oublié en paires, tout paraît moins grave. Pouce en l’air.je vous mets une photo de mon double chauve car il a bien du mérite de jouer avec moi.